Overdose d’oversharers
L’utilisation des médias sociaux a – tout le monde le sait - ses déconvenues, l’une des pires étant certainement l’utilisation abusive – pour ne pas dire convulsive - et donc excessivement pénible des ‘share’, ‘like’, statut, et autre réjouissantes possibilités de partage d’informations parfois douteuses proposés par nos chers et tendres réseaux sociaux.
Savoir que René adooore le ragoût fait par sa moumoune, que Jacqueline a passé un ‘vikend cro bien avec son namoureux à Jouy-en-Josas’, que Basile essuie sa crotte de nez, ou encore se retrouver le lundi matin avec une avalanche de : ‘’veut pas travailler’, ‘le w-e c’est fini, SNIF’ ‘, ou ‘le lundi c’est pourri’… je sais pas vous mais moi, CA ME REND NERVEUSE.
Les ‘oversharers’ (littéralement : ceux qui partagent trop) correspondent à un vrai -grave- phénomène sociologique lié aux plateformes sociales, qui à force de tout partager, finissent par ne plus rien partager. C’est un peu comme le syndrome du ‘j’aime tout’, donc j’aime rien.

Alors quand l’agence Wunderman UK et Pringles lancent une campagne virale proposant de sauver ces victimes du 2.0, je me frotte les mains. Help the oversharers, c’est d’abord un site internet qui propose aux internautes de ‘dénoncer’ les infos les plus risibles de leurs contacts, via les mines d’or, je vous le donne en mille : Facebook et Twitter.
Sur Twitter, le compte @helptheoversharers invite donc à partager les grands crus de ses poulains oversharers, en twittant tout simplement leurs trouvailles.
Quant à l’onglet Facebook de la campagne, - jubilatoire -, il est désormais possible de cliquer sur un majesteux bouton ‘Overshare’ remplaçant le ‘like’, en installant une application sur son ordi. Autrement dit, c’est un peu le ‘je m’en fous de ta vie’ bouton, qui invite aussi cet oversharer pris la main dans le sac à se rendre sur le site de la marque. Prise de conscience pour le pauvre bougre, qui, s’il a vraiment du potentiel, pourra même se retrouver sur une vidéo-compilation créée par un de ses contacts.
Et enfin, le nec plus ultra, : la marque prévoit de diffuser ces vidéos dans le métro londonien et sur les fameux grands écrans de Picadilly Circus.
Hin-hin-hin.
Quant au message de la marque, c’est plutôt bien trouvé : “Aidons les oversharers à partager des choses qui en valent la peine, comme des Pringles !”
Comme quoi il est possible de faire des campagnes digitales intelligentes et cohérentes qui ne soient pas seulement la cinquième roue du carrose des campagnes de publicites dites classiques. Reste à savoir si l’efficacité et le taux d’attribution de la campagne seront à la hauteur de sa réalisation. Et ça se profile relativement bien : plus de 400 followers entre hier et aujourd’hui sur le compte Twitter de la campagne.
Allez, je file m’acheter un paquet de Pringles. Et je le mets en statut facebook. Ben quoi ?
COMMENTAIRES / UN COMMENTAIRE
Julie Navarro a dit un truc le 07 mai 10 à 16:13Un succès garanti quand on voit celui qu’à remporté l’appli “je chie sur ton mur FB”… C’est mortel en tout cas et révélateur de l’overdose qu’on subit. Les blogueurs et pros en ont plus conscience que les autres (”l’enfer c’est les autres” ^^) j’ai l’impression.
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